L’interrogatoire - Thomas Germond

Chaque semaine, Alexandre Rizos rencontre un artiste, créateur, entrepreneur qui l’intéresse. Aujourd’hui, Thomas Germond, fondateur de la marque de foulards made in France DiastèmeEn savoir plus. 

D’où viens-tu et où vis-tu aujourd’hui ?
Petit bourgeois de Boulogne ayant émigré il y a quelques années dans le sentier Chinois, en plein dans le 11ème. Aucun rapport avec mon inspiration, je rassure.

Que fais-tu dans la vie et comment en es-tu arrivé là ?
Ça fait 6 ans que je travaille dans le web et 3 ans que je travaille pour une agence web marketing. C’est vraiment ça qui m’a structuré d’un point de vue business. Avant ça, j’ai fait semblant de faire des études ; à fond du break pendant la fin de mon adolescence pour faire comme les danseurs sur MTV et à fond du théâtre pendant 2 ans pour faire comme Brad Pitt. L’expression artistique est quelque chose qui me parle. Et quand j’ai commencé à bosser, j’ai tout de suite chercher une idée dans laquelle je pouvais m’exprimer. L’idée de monter une marque de foulards m’est venue le jour où un ami est venu bruncher à la maison. Il est arrivé habillé de façon disons négligé… Et il avait un simple foulard autour du cou qui habillait littéralement toute sa tenue. Ça a été l’illumination. Puis j’ai commencé mon chemin de Damas. Je suis parti de zéro. Sans connaissance du textile. J’ai acheté des bouquins, fait des salons, rencontré des gens du milieu grâce à ma femme, fait pleins d’erreurs. J’ai rencontré mon DA (un ancien ami d’école), rencontré plein de fabricants. Surtout, j’ai pris mon temps. Je voulais faire quelque chose de beau.

Où puises-tu ton inspiration et qu’est-ce qui te motive ?
Je suis trop curieux. Ça a d’ailleurs été mon grand problème jusqu’à temps que je rencontre mon DA. J’avais besoin d’un fil conducteur. Je voulais de la cohérence et du sens dans mon chaos. Parmi les 300K blogs que je suis, il y en a un qui revient haut la main toujours en preums, c’est whereisthecool.blogspot.com, tenu par Laurent, cet ami que j’ai connu à l’école (et qui est donc devenu mon DA pour ce projet). Le “mood board” qu’il tient là dessus était exactement l’esprit que je voulais mettre dans la marque. Ce qui me motive, c’est la recherche de l’excellence. Le beau, le simple. D’ailleurs je porte une admiration sans limite pour Hermès (qui n’a pas attendu que le côté héritage & savoir-faire deviennent fashion pour l’être), surtout depuis que je connais pas mal de leurs usines en France et leur façon de fabriquer les foulards (tissage de la soie, impression aux cadres, roulottés mains).

Quelle est ta tenue fétiche et comment décrirais-tu ton style en trois mots ?
J’ai mis beaucoup de mes thunes dans mes foulards. Du coup, depuis 1 an je recycle l’existant. Ça me tue car depuis j’ai un regard un peu plus aiguisé sur les fringues. Et j’adorerais shopper sur Hickoree’s ou UnionMade. Mais je suis obligé de remettre mes fringues de stagiaire. Donc si tu veux 3 mots, en ce moment ça peut donner : utilitaire, moyen, et usé.

Quel est ton gros projet du moment ?
J’ai l’avantage de travailler en direct avec l’ensemble de ma chaîne de production Française mônsieur. Du coup je peux lancer très vite des nouveaux modèles. Tester des choses. Et là on a 2 nouveaux modèles qui vont bientôt sortir. J’ai aussi toute la gestion de la distribution à commencer à mettre en place.

Mot de la fin ?
Ben non, c’est que le début !

Liens
Diastème sur Le club des douze.